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Darknet chapitre 1- Qu'est-ce que le Darknet ?


Qu’est-ce que le Darknet ? La confusion règne dans un espace médiatique où l’on mêle allègrement des réalités aussi différentes que le deep web, les échanges pair-à-pair qui effraient tant les maisons de disques, ou encore ce sombre réseau Tor, si sulfureux qu’il serait à l’origine de toutes les dérives de l’Internet contemporain.

« [Le darknet est] un ensemble de réseaux et de technologies utilisés pour partager du contenu numérique. Le darknet n’est pas un réseau physiquement distinct, mais bien des protocoles de transmission qui fonctionnent au sein des réseaux existants. » [Biddle et al., 2003].

Il suppose [Mansfield-Devine, 2009] :

Techniquement, selon ces auteurs, le Darknet est donc un sous-réseau pair-à-pair utilisant des protocoles spécifiques. En ce sens, il n’existe pas un Darknet, mais bien un ensemble de darknets, ou de sous-réseaux, étanches les uns aux autres. Un utilisateur de Freenet ne pourra pas se connecter directement au réseau Tor, de même qu’on ne peut pas utiliser un client BitTorrent pour se connecter à Shareaza.

La relation entre sous-réseaux, protocoles pair-à-pair et Darknet est certaine, mais ils ne sauraient se résumer les uns aux autres. Interpréter le Darknet comme simple réalité technique ne permet pas d’en saisir l’essence. Il est aussi, et peut-être d’abord, un fait social. Certains le réduisent à « la partie du deep web où se déroulent les opérations illégales [Mc CORMICK, T. (2013).], » mais le Darknet est vaste et divers, on ne peut le circonscrire à un espace plus ou moins caché et dédié aux opérations illicites. Il est bien plus que cela.

Socialement, le Darknet s’incarne dans la quête de l’anonymat et de la confidentialité. C’est elle qui marque sa spécificité, c’est l’usage social d’instruments techniques qui fait particularité.

Dans le cadre de cet ouvrage, on définira un darknet comme un sous-réseau d’internet utilisant des protocoles spécifiques et intégrant nativement des fonctions d’anonymisation. Le Darknet est alors l’écosystème formé par l’ensemble des darknets et des outils associés de préservation de la confidentialité. De même qu’on utilise Internet (avec une majuscule) pour représenter l’ensemble des ressources disponibles sur internet (le réseau), nous utiliserons Darknet pour représenter l’ensemble des darknets et l’écosystème associé. Par opposition, on parlera de Clearnet pour qualifier l’Internet classique, ouvert.

Dans ce contexte, Tor ou I2P sont des darknets. Le système d’échange de mails chiffrés GPG fait partie de l’écosystème Darknet, tout comme la messagerie instantanée Cryptocat. En revanche, BitTorrent, Gnutella ou comment-pirater-son-voisin.com sont des outils classiques de partage de ressources et d’informations, ce ne sont pas des darknets. Cette approche peut être vue comme restrictive, mais elle veut marquer le haut degré de spécificité des écosystèmes anonymes.
[...]
Le Darknet ne se confond ni avec les réseaux pair-à-pair, ni avec le deep web. La figure ci-dessous montre quelques-uns des outils que nous rencontrerons plus loin et qui se situent à l’intersection de ces différents espaces.


Darknet.png

Ressources bibliographiques


  • MANSFIELD -DEVINE , S. (2009). Darknets. Computer Fraud & Security, 9(12):4–7.
  • NORMAN , A. (1978). Project Goldfish. IPC Science and Technology, 1(1):8–15.

Ressources Web


Elle doit utiliser TOR pour cacher sa grossesse
http://www.framasoft.net/

Date de dernière mise à jourMars 10, 2016